Mes compatriotes,
Tout a une limite. L’humiliation que nous subissons dans notre chair, nous, dignes héritiers de l’Empereur Jacques Ier, au quotidien arrive à sa fin. Que celle-ci soit la dernière.
Cette semaine, nous assistons tous à la divulgation d’un ensemble de messages entre l’ambassadeur du Canada et l’un des conseillers-présidents d’Hayti. Ces échanges réalisés via WhatsApp, où il menace le conseiller de sanctions s’il persiste à exercer des pressions en vue de renvoyer un premier ministre qu’il juge incompétent et réfractaire aux ordres.
Dans cette même foulée, le chargé d’affaires des États-Unis a publié un communiqué annonçant une sanction contre ce conseiller-président, sous prétexte qu’il a des liens présumés avec des gangs qui détruisent le pays.
Mes compatriotes,
Je comprends votre réticence à exprimer votre mécontentement à propos de ces dérives. Je comprends vos non-dits. Je sais que ces apatrides qui sont à la tête de notre pays ne méritent ni notre soutien ni notre indignation.
Ces conseillers-présidents n’ont pas la posture de chefs d’États capable de redresser la barque. Ils n’ont pas le sens de l’histoire pour répondre à ce devoir patriotique : sortir le pays de cette situation chaotique. Ils n’ont pas assez de dignité pour préserver l’héritage de nos ancêtres. Voilà pourquoi nous ne leur avons jamais accordé de légitimité pour diriger notre pays. Nous avons toujours dissocié notre fierté de ces derniers.
Bien que nous ayons des points de vue contradictoires et que nous éprouvions de l’indifférence envers ces conseillers, qui sont perçus comme des traîtres, des individus corruptibles et dénués de tout courage, il est impératif de protester contre l’ingérence excessive des puissances étrangères dans nos affaires intérieures.
En s’immisçant dans les affaires politiques de notre nation et en menaçant de retirer le visa d’un conseiller présidentiel, le diplomate américain et l’ambassadeur canadien en Hayti ne cherchent pas seulement à rabaisser leurs subalternes. Ils attaquent également notre sentiment de fierté en tant qu’êtres humains, notre histoire et notre droit fondamental de vivre dans la dignité.
Depuis 2010, et même avant cela, les étrangers ont eu tendance à influencer la politique haytienne. De Sison à Wooster, en passant par Rivard et Giroux, il y a eu une forme d’humiliation, de dénigrement et de mépris envers nous. Nous avons été contraints de nous soumettre aux décisions prises par des diplomates étrangers. De telles interventions étrangères ne visent pas seulement leurs esclaves de salon, mais elles cachent une chose beaucoup plus profonde : la destruction de notre histoire, notre patrimoine et faire disparaître notre peuple.
Mes chers compatriotes,
Notre pays n’est pas une colonie américaine, canadienne, française ou du Core Group. Nous sommes une nation fière qui a perdu, hélas, momentanément sa direction. Toutefois, nous ne devons jamais oublier que nous portons dans notre chair l’ADN de : Makandal, Capois La Mort, Toussaint, Tante Thoya et Jean-Jacques Dessalines.
L’histoire nous appelle encore une fois, aujourd’hui, à assumer nos responsabilités. Nous voyons bien que les conseillers-présidents ne possèdent aucun leadership, aucun courage ni dignité. Ils n’ont pas pu expulser les représentants des États-Unis et du Canada, malgré leurs actes répréhensibles. C’est une honte, mais sachez que la honte peut parfois servir de catalyseur pour construire un avenir meilleur.
Que cela soit la dernière.
Oui, cela doit être la dernière, mes compatriotes. Nous avons la responsabilité de nous engager :
- Pour remplacer, d’urgence, ces apatrides à la tête du pays, en constituant un groupe civil organisé avec des hommes et des femmes en Hayti et dans la diaspora, afin d’envisager la dernière transition.
- Pour rétablir l’ordre dans la cité. Il y a trop d’insécurité, trop de mercenaires qui opèrent dans le pays sans cadre légal, trop d’enfants humiliés, violés et même tués. Trop d’avenirs gâchés. Il faut rétablir l’ordre, il faut rétablir la sécurité dans le pays.
- Pour instaurer une nouvelle classe politique, économique et intellectuelle. Les soi-disant élites actuelles ont malheureusement échoué dans leur mission de servir et de protéger notre nation. Nous avons besoin d’hommes et de femmes intègres, honnêtes et dévoués pour prendre les rênes et diriger notre pays vers un avenir meilleur.
- Pour préserver l’histoire et la dignité de nos ancêtres, ainsi que les sacrifices qu’ils ont consentis. Hayti ne peut pas et ne doit pas disparaître, car elle est le berceau de la liberté.
- Pour bâtir une Hayti fière, grande, digne, prospère, souveraine. Les générations futures ont besoin de nouvelles directions. Elles ont besoin d’un autre modèle de société afin qu’ils puissent s’épanouir, vivre et prospérer chez eux.
En mars 1802, lors d’une prise de parole à la Crête-à-Pierrot, Jean-Jacques Dessalines, le grand stratège, le grand protecteur, le grand bâtisseur, le grand libérateur, déclara : «Tande! Koute byen wi! M di nou, louvri zòrèy nou pou n tande sa m pral di la a. Pa dekouraje ! Non piga n dekouraje! M ap repete l pou nou, m di n pa janm dekouraje! Fransè yo p ap ka rete lontan sou tè sa a.»
Moi, j’aimerais, à mon tour, aujourd’hui, vous le dire, mes chers compatriotes : l’humiliation que nous subissons aujourd’hui n’est que temporaire. Les interventions des ambassadeurs dans nos affaires intérieures sont également temporaires.
Nous allons récupérer notre nation ! Nous allons récupérer notre honneur ! Nous allons récupérer notre éducation ! Nous allons récupérer notre diplomatie ! Nous allons chasser tous les traîtres jusqu’au dernier afin que la renaissance d’Hayti, berceau de la liberté et de la dignité, puisse reprendre sa place méritée dans le monde.
HAYTI était. HAYTI est. HAYTI sera. Car elle est éternelle.
GLOIRE À JACQUES Ier! GLOIRE AUX ANCÊTRES MÉRITANTS !
Que cela soit la dernière!


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