Une autre taxe sur les transferts, non merci. 

Dans un texte d’opinion publié sur Ayibopost, le 29 août dernier, un compatriote dénommé Patrick André évoque la nécessité d’imposer une autre taxe sur les transferts de la diaspora vers Hayti. Cette nouvelle taxe aiderait dans l’effort de guerre contre les gangs armés. Non seulement une nouvelle taxe, il pense que les communautés de la diaspora et les citoyens progressistes du pays peuvent mettre en place une infrastructure financière solide, capable de soutenir une résistance armée nationale1.  

Il n’est un secret pour personne que la diaspora haytienne est omniprésente dans toutes les sphères de la vie nationale. De la naissance au tombeau, elle est la principale responsable financière de tout. 

Oui, le pays traverse des moments sombres et il faut que chacun d’entre nous apporte son aide pour sauvegarder notre existence. Cependant, faut-il se saigner à blanc pour un pays qui ne veut se redresser ? Jusqu’où la diaspora peut-elle aller pour un pays qui ne la respecte ni ne veut son intégration ?  

Dans son texte, Monsieur André souligne combien la contribution de la diaspora est importante pour le pays. En effet, la somme de 1,50 $ dont il a parlé reste floue, et on ignore le montant ramassé. D’autant plus que nous ne savons même pas à quoi a servi ce fonds dédié à l’éducation.   

À part le canal d’Ouanaminthe où l’on peut voir une réalisation concrète des transferts de la diaspora. En réalité, ces transferts financiers laissent rarement de traces visibles dans la société haytienne. Ils ne font que grossir la fortune des corrompus et aider nos familles à survivre.  

Revenons à la nouvelle taxe proposée par le compatriote. La question qui me trotte dans l’esprit est la suivante : l’argent, est-il le seul obstacle pour combattre l’insécurité qui ravage tout dans le pays ? 

Force est de constater que le pays n’a pas un problème d’argent, mais, plutôt, une corruption généralisée et une incompétence criante. Où trouvent-ils l’argent pour payer les neuf incapables qui dirigent le CPT ? Où trouvent-ils l’argent pour honorer les contrats des mercenaires ? Où le roi Henry avait-il trouvé les 500 000 millions de dollars pour rembourser le Venezuela ? 

Pour le mois d’août 2025, la douane haytienne a collecté plus de 11 milliards de gourdes1. Qu’ont-ils réalisé avec cette collecte ?  

Par conséquent, lorsqu’il s’agit de protéger la vie de nos concitoyens, ils n’ont pas de budget. Où est passé le budget de guerre de Fritz Alphonse Jean ? Que font-ils de l’argent de l’intelligence ?  

À moins d’être un fou, un idiot utile ou l’une des porte-paroles du Conseil présidentiel de transition (CPT), il est insensé de penser qu’une proposition d’imposer une nouvelle taxe sur les transferts de la diaspora serait une bonne idée. Oui, le tableau est sombre, mais la vache nourricière qui est transformée en vache épuisée ne peut répondre à tous les maux planifiés, organisés et provoqués par des bandits de grand chemin économiques et politiques.   

N’est-ce pas vrai que l’ambassadeur des États-Unis a des contacts directs avec ces gangs ? Pourquoi les grands États-Unis n’arrivent-ils pas à couper le robinet des armes à feu et des balles qui sèment la terreur en Hayti ?   

En d’autres termes, une nouvelle taxe n’aiderait en rien dans le combat contre les gangs armés. La raison est simple, la tête du poisson est pourrie. Nos dirigeants sont tous des corrompus. Nous sommes témoins de multiples scandales qui ont éclaté dans le pays. L’affaire des trois braqueurs de la BNC en est un exemple. L’argent de l’intelligence partagé entre les membres du CPT en est un autre.   

Si des hommes et des femmes occupant des fonctions prestigieuses dans le pays ne sont pas des hommes et femmes responsables et respectés, pourquoi leur confierait-t-on de nouveaux montants d’argent? Inspirent-ils de la confiance ? Certainement pas!   

À mon avis, pour combattre l’insécurité en Hayti, il faut tout d’abord mettre en place une dernière transition. Il faut nommer d’autres personnes, tant dans la diaspora qu’en Hayti, compétentes, intègres, patriotes, avec une nouvelle feuille de route pour stabiliser le pays.   

Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle taxe, mais d’un nouveau gouvernement avec des hommes honnêtes, intègres, responsables, patriotes et courageux capables de prendre des décisions qui s’imposent à notre réalité. 

  1. https://ayibopost.com/opinion-il-faut-une-taxe-sur-les-transferts-pour-financer-la-resistance-contre-les-gangs/ ↩︎


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