Quand un peuple, au fil de son histoire, se retrouve assujetti par des malfrats, des vauriens, des va-nu-pieds, des sans vergogne, des inutiles, des sous-hommes, des assassins, des voleurs… Quand son passé comme son présent reste figé dans un échec programmé, et que ses conditions de vie tombent en dessous du seuil tolérable en raison du manque de volonté, de l’incompétence et de la corruption, il a non seulement le droit, mais il a aussi le devoir de prendre toutes les mesures nécessaires pour vivre dans la dignité.
Quand un groupe d’intellectuels issus du peuple décide, sans scrupule, de prendre un pays en otage, au détriment de millions d’hommes et de femmes plongés dans la crasse, la misère, les ordures de tous genres… il est légitime, il est naturel, que le peuple se met débout – au péril de sa vie – pour réclamer le respect de sa dignité humaine en détruisant ce système qui a tout anéanti dans ce pays.
Aucun peuple ne mérite de vivre dans les conditions lamentables que vivent les Haytiens en plein 21e siècle. Aucun peuple ne mérite d’être humilié comme nous le sommes aujourd’hui. Surtout pas celui qui a redéfini, au prix du sang, le sens du mot liberté au 19e siècle.
Nous – Haytiens – avons des pieds sur notre cou et nous étouffons au regard indifférent de soi-disant la communauté internationale. Les pieds du syndicat des ambassades dénommé « Core group », des bandits légaux, d’une élite économique mafieuse, des bandes armées et une classe politique corrompue, incompétente, apatride et criminelle. Ces groupes d’intérêts n’ont jamais inclus le bien-être des Haytiens dans leur projet. Ce qui les intéresse réellement, c’est d’effacer notre culture, notre patrimoine et faire taire à jamais notre passé glorieux.
Accablée par tous ces maux, trahie par des messies autoproclamés, la population haytienne se laisse dépérir dans une indifférence collective inquiétante. Peu de voix se lèvent pour dire non à cet effacement. D’ailleurs, on ne sent même pas une véritable expression publique pour ceux qui souffrent le plus : les plus pauvres et les plus affectés par la violence criminelle 1.
Le peuple haytien, attend-il encore d’un guide pour sortir du coma dans lequel il est plongé ? D’où viendra ce guide? De la diaspora ou en Hayti?
Si les voix ne se lèvent pas maintenant, la destruction programmée d’Hayti arrivera beaucoup plus vite qu’on ne le croit.
Pour empêcher cette disparition, :
- Dans un premier temps, créer une coalition de femmes et d’hommes de bien pour former une nouvelle élite politique, intellectuelle et économique, porteuse du sens de l’histoire. Des personnes formées, intègres, compétentes et patriotes, qui seront prêtes à assumer la responsabilité de remettre Hayti sur ses rails ;
- Dans un second temps, cette coalition aura la responsabilité de définir les grandes lignes d’une Hayti échelonnée sur cinquante ans. Un projet réformateur puisant ses racines dans le projet de 1805 de l’empereur Jacques Ier ;
- Dans un troisième temps, mettre en place une éducation populaire dédiée à la valorisation de notre culture, de nos valeurs, ainsi que du devoir civique et moral, afin de construire l’être haytien. ;
- Enfin, mettre en application la grande vision du point II, en faisant de la justice, de la sécurité, de l’éducation, de l’agriculture, de l’histoire et des nouvelles technologies nos chevaux de bataille.
L’heure est à la révolte. L’heure est à l’engagement des femmes et des hommes de biens. L’heure est au changement. Il est temps pour chasser ces irresponsables et apatrides à la tête du pays. Nous devons prendre notre responsabilité en tant que peuple, dignes filles et fils du grand Dessalines, Toussaint, Christophe… pour redonner à Hayti sa dignité.
Alors, réveillons-nous, car nous devons retrouver notre dignité pour honorer nos ancêtres méritants.
Quel groupe de personnes saisira ce moment historique?
- TROUILLOT, Lionel (2025, 6 février). Un pays sans grand chant. https://ayibopost.com/lyonel-trouillot-un-pays-sans-grand-chant/ ↩︎


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