Un pays à la dérive

Pointer du doigt ses adversaires, c’est facile à faire. Prendre ses responsabilités, c’est difficile. Depuis l’arrivée de l’ex-président Jovenel Moïse au pouvoir, beaucoup d’Haïtiens avaient l’impression que les choses allaient changer. Des discours et des promesses laissaient sous-entendre que le messie d’Haïti était là, il était incarné dans la personne de Jovenel Moïse. Des vodouïsants, des chrétiens, etc. tous priaient pour la réussite de ce dernier. Tout le monde, à part ses opposants, voulaient sa réussite en tant qu’homme de l’arrière-pays, fils d’un paysan.

Quatre ans après, tout a changé, la situation socio-économique et politique du pays devient catastrophique. Le propriétaire d’Haïti continue à nous balancer les mêmes vaines paroles. Que du vide. À chaque sortie, le gouvernement n’a qu’un discours : tout ce qui ne va pas dans le pays, c’est la faute de ses opposants et des oligarques. Selon lui, c’est la faute d’un système pourri, sans cœur et inhumain qui l’empêche d’accomplir sa mission : mete tè a, solèy la ak dlo a ansanm pou devlope Ayiti. Soulignons également que c’est ce même système qu’il lui a mis au pouvoir. Ces derniers temps, la crise haïtienne prend une autre tournure. Du jamais vu dans l’histoire de ce pays. Sous l’impuissance d’un gouvernement suspectant d’être un allié des gangs armés, les délinquants créent une fédération sous la recommandation du gouvernement. Tous unis pour une seule et même cause : le sauvetage d’Haïti. Qui peut dire le contraire? Cependant, depuis des décennies, tous ceux qui haussent le ton dans la République – même si c’est pour leur intérêt mesquin – disent toujours qu’ils le font pour une nouvelle Haïti.

Impuissant que je suis devant toutes les dérives d’un gouvernement illégitime et illégal, des ambassadeurs des pays amis d’Haïti et des gangs armés qui sèment la terreur dans la République, je ne peux faire qu’écrire mes frustrations pour l’instant. Un jour, me tenir à côté de ceux-lles qui sont prêt-e-s à se sacrifier pour préparer un avenir meilleur pour la génération future c’est mon objectif. Notre pays traverse des heures sombres. Le vendredi 12 mars 2021, à Village de Dieu, un groupe de bandits décident de couper en miette le corps d’un policier et de brûler vif d’autres policiers sous le regard complice de Jovenel Moïse, de Jouthe Joseph et de Léon Charles, les tous puissants de la République. D’ailleurs, l’apparence des actions de ces corrompus à la tête de l’appareil étatique laisse sous-entendre que les corps policiers sont le bras droit de l’exécutif et les bandits armés, son bras gauche. De ce fait, ces crapuleux devraient être dans une cellule de prison, à l’heure actuelle, pour complicité dans la mort de ces policiers.

Sans gêne, sans regret et sans état d’âme, ces incompétents, ces lâches et ces vauriens continuent à prendre la parole au nom des Haïtiens. D’ailleurs, l’incompétence n’est pas une fatalité, mais continuer à persister dans la bêtise n’est signe que d’une insouciance crasse. Jovenel Moïse et ses acolytes ne sont que les pires sous-humains qu’Haïti n’ait jamais produit. Aucun être humain, digne de sa réputation et de l’honneur de sa famille, ne continue à enfoncer la vie des millions de ses compatriotes dans la misère et dans l’insécurité alimentaire. Le pays est à la dérive et sous l’emprise des malfrats, des sous-hommes et des moins que rien. 

L’éveil des milliers de personnes qui se font sur les réseaux sociaux et les engagements de beaucoup de citoyens – qui pourraient vivre et réussir dans n’importe quel autre pays, mais qui décident de retourner et mener des combats pour un autre pays – apporteront les changements que nécessiteront ce pays. Nous allons, hommes et femmes honnêtes, compétent-e-s, fil-le-s de nos ancêtres, continuer à mener les combats qui mettront le pays sur ses rails. 

Quoi qu’il en soit, la dérive du pays n’est que la conséquence de nos choix émotionnels. Pour cela, les citoyens conséquents, intègrent et qui veulent un changement drastique en Haïti doivent commencer à préparer la population afin que celle-ci ne choisisse pas une autre pourriture pour nous représenter. Jovenel Moïse et les médiocres intellectuels qui l’entourent et une partie de la classe politique doivent faire face à leurs responsabilités dans la situation actuelle du pays. Du coup, nous devons les mettre à la poubelle de l’histoire et tout faire pour qu’ils ne se recyclent pas, car ces déchets n’ont aucune utilité pour la résurgence d’Haïti.



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